Différentes positions psychanalytiques par rapport au sexe, la sexualité et le genre.

  • dic 2019

Contribution à un debat possible avec Paul B. Preciado (1) et Jean-Claude Maleval (2)

 

Traducción al francés: Verónica Cardozo e Irene Kleiner

 

D´après Freud la normalité du processus de maduration de chaque individu consiste en la confluence de l´identité du genre avec sa biologie –il a soutenu “l´anatomie c´est le destin” – de manière que ce qui est normal et attendu c´est que le garçon soit mâle et que la femme soit femelle; il reconnaît que c´est pas toujours comme ça mais qu´il serait le processus d´évolution idéale pour tout individu dans toute société et culture.

Étant donné que pour Freud il s’agit, à la fin de la maturation sexuelle, du « choix de l´ objet sexuel » il doit rendre compte du processus moyen lequel chaque être humain arrive ou devrait arriver au choix dans lequel le biologique et l’identité sexuelle coïncident. La « machine » qui produit un tel résultat, selon ses conceptions, c´est le Complexe d´ Œdipe qui fait que, après l´avoir traversé, le petit garçon arrive à être un homme et la petite fille une femme ; même s´il a dû admettre, quand il a avancé sur des développements théoriques, un quota d´homosexualité encore dans des cas normaux. À de telles fins, la mère femme et le père homme doivent accomplir les fonctions spécifiques de chaque sexe au sein de la famille dans la première enfance du petit. Puisqu´il s´agit d´un résultat normal, Freud doit aussi spécifier les propriétés universelles du masculin et du féminin. L´homme doit être dominant, puisque la libido masculine est active et la femme doit être dominée puisque la sienne est passive ; la réalisation de l´homme passe alors par sa gestion active et judicieuse sur la réalité, sa transformation et domaine, et celle de la femme, plus passionnelle, à l´intérieur du foyer, c´est d´avoir des enfants et de les élever. Le surmoi fort du premier l´habilite pour telle fonction, tandis que le faible de la seconde se l´empêcherait ou devrait le faire.

Le phallus, l´élément fondamental de l´ Œdipe freudien, est le symbole du pouvoir et de l´action, par conséquent admiré et à l´ambitionner. L´homme aura peur de le perdre – angoisse de castration- et la femme épouvantera le préjudice de ne pas l´avoir – envie de pénis. Ainsi, si une femme est trop active et puissante ou elle cherche à l´être, elle obtiendra la réprimande pour tomber dans la figure de « femme phallique ». Ça ce n´est pas Freud même qui l´a affirmé, mais ont été ses disciples qui ont développé ses idées.

À partir de ces conceptions, les positions gays, lesbiennes, bisexuelles, transgenres, queer, travestis, etc. sont le résultat du défaut de l´ Œdipe et des fonctions du père et de la mère, et, par conséquent, il s´agit d´une théorie qui provoque de la culpabilité. Encore aujourd´hui, non seulement dans les « déviés » mais aussi dans leurs parents, culpabilité que, ceux qui n´ont pas de formation psychanalytique, ils souffrent quand même.

Jacques Lacan, au contraire, il affirme que: «homme », «femme » et «enfant», ce sont seulement des signifiants. Dans son modèle théorique ça implique, au moins, deux considérations fondamentales: a) en tant que tels, ces signifiants, ils ne signifièrent rien par eux-mêmes, ils consistent seulement en ce qui concerne la différence avec tous tes autres, et b) s´ils sont des signifiants, ils ne possèdent aucun rapport avec la nature ou la biologie. L´impossibilité de faire coïncider «homme» avec mâle, «femme» avec femelle et «enfant» avec couvain c´est cela qu´affirme sa formule: «Il n´y a pas de rapport sexuel » Il y a des pratiques sexuelles mais on a perdu du début et pour toujours pour le sujet du signifiant, la condition sexuelle naturelle.

La métaphore paternel sera la «machine» que, d´après Lacan rendra compte de comment dans chaque histoire il s´inscrit qu´ aucun représentant de l´A (le lieu du langage, la logique et la vérité), c´est à dire, aucun Autre peut coïncider avec lui. La fonction de la métaphore paternel c´est de légiférer pour chaque cas, que Autre ≠ A. Ni mères, ni pères, ni grands parents ni aucune instance de représentation de l´autorité qui ait opéré dans une histoire, peut s´arroger le pouvoir du langage; qui, même qu´il souffre d´un inhérent «pas-tout», ce qui s´écrit %(A majuscule barrée), est la seule source de puissance. Si la “machine” a opéré dans sa fonction spécifique il n´existera aucune instance toute-puissante. La métaphore paternel finira en plus, pour apporter du signifié au sujet, pas d´identité sexuelle, comme à l´ Œdipe ni aucune d´autre de définitive. “Désir de la mère” ne se réfère pas à la maman, mais à l´incarnée de l´Autre (maman, papa, des couples des mamans et des papas…) et le “Nom- du- Père” sera la fonction qui va opérer comme telle si le pouvoir ne coïncide pas avec papa ni avec personne; la loi qu´il instaure, c´est celle qui affirme que personne ne peut incarner ou s´emparer de la loi par soi-même.

Lacan obtient ces désignations: Mère et Père, de l´histoire de l´indoeuropéen, dans lequel on distingue notamment entre “Pater”, fonction mythologique pure, comme dans le cas de Ius Pater: Jupiter, uniquement un nom, et “papa”, le parent nourrissant; et “Mater” de maman, comme dans le cas de “Mère terre”; dans le même système où le lien fraternel (“Frater”) ne coïncide pas non plus avec le fait d´ appartenir à la même fratrie biologique, pour partager le même utérus (Adelphos). Pour les premières (Pater, Mater et Frater) il est impossible qu´ils désignent les seconds (papa, maman et frère de sang). Chaque époque et société souffrira sa tromperie spécifique des faux incarnées de la fonction Nom-du-Père: Roi, Grand prêtre, Maître, Père qui possède l´autorité parentale et, dans l´actualité occidentale, les sciences de la vie, etc. Encore, d´après Lacan, le Nom-du–Père n´échappe pas non plus aux changements des contextes et des imbrications à cause de quoi il doit être substitué par les Noms- du- Père, pluriel, que, à la fois, il force à penser dans des différents ordres symboliques. Pour Lacan, il ne s´agit pas de passer du géocentrisme au héliocentrisme, de la mère de l´ Œdipe au père, mais de l´inexistence de n´importe quel centre dans tout ordre symbolique ; comme on sait depuis la vraie révolution, celle de Kepler, pas celle de Copernic, et de l´établissement des orbites elliptiques des planètes, dont le soleil occupe un des foyers, et, dans l´autre, il n´y a rien.

Le phallus, entre les différentes acceptions qu´il possède dans la théorie de Lacan, en ce qui concerne le thème de ces lignes, inscrit la propriété fondamentale du signifiant par rapport à la perte de la naturalité du sexuel, c´est à dire, l´impossibilité d´éliminer la présence du Aidos, le diable du pudeur ou la déité de la dignité; la marque qui tombe sur le sexuel et la sexualité à cause de leur origine signifiant non naturel, ça se vérifie, par exemple, dans la nécessité de: des rituels, du voile, de certain vêtement, des ornements, de la scène privée, de l´obscurité, de l´argent, etc. qui sont présents, d´une ou d´une autre manière dans la sexualité signifiante.

Mais, dans chaque histoire, soit d’un sujet, d’une famille ou d’un peuple les signifiants ne fonctionnent pas seulement comme des pures différences mais aussi ils s’imbriquent, comme des chaînes, où quelques-unes se répètent et insistent, c’est ainsi qu’on peut les citer et de cette façon les signifiants se sont transformés en lettres. Une lettre c’est, chez Lacan, l’état que le signifiant acquiert quand il est localisé. Pour cette raison il reçoit, un signifiant perdurable que même s’il renvoie aux autres et non à un objet empirique, il est stable par une période de temps tandis qu’il se conserve pendant un contexte linguistique familier et socioculturel déterminé.

C’est ainsi qu’on pourrait, à partir de cette perspective, faire des recherches et établir quelles valeurs, signifiés et sens acquièrent “femme”, “homme” et “petit enfant” dans un contexte déterminé.

Chaque histoire en établira ce qui correspond à chaque circonstance. Ceux-ci seront toujours en transformation constante, quelques fois, les uns plus rapidement que les autres, ce qui fera que leur diagnostique consiste beaucoup plus à établir ces changements qu’à le faire par rapport à des identités supposées constantes. Quelques résultats auront besoin de rectifications, solution ou guérisson à cause des effets excessifs qui entraînent . De notre époque et notre societé quelques effets souffrantes peuvent demander des traitements psychanalytiques.

Chez Lacan les libidos masculines et féminines n’existent pas comme chez Freud mais

encore, la libido ce n’est pas une énergie originée à l’intérieur du corps anatomique. En plus la pulsion considère et écrit ($◊D) (parenthèse de S majuscule barrée losange D majuscule), formule dans laquelle, bien sûr, rien de biologique participe et tous ses élements sont d’origine signifiante, encore le “ trou “corporel. Et même la jouissance sera la jouissance de l’Autre, jA ce qui empêche qui soit propre, de personne et jouissance phallique. jφ (fi minuscule), ce qui d’ après Lacan, doit être lu comme ”hors du corps”, ce qui empêche déjà supposer l’assurance dans ses conceptions de n’importe quel biologicisme, machisme ou sexisme.

Au même sens, l’appareil psychique freudien est singulier et intérieur de quelqu’un, tandis que la structure du symbolique, imaginaire et réel de Lacan ne peut pas recevoir aucune des deux propriétés.

À partir de cette perspective on peut considérer que ce que Lacan inscrit à la table de la sexuation est son diagnostique, pour notre époque et culture, de comment ont passé à lettre les signifiants “homme” et “femme” par rapport aux thermes et fonctions suivantes: mâle, femelle S(A/) (S majuscule parenthêse de A majuscule barrée), $ (S majuscule barrée), objet a, Φ (Fi majuscule), A/ (A barrée) et ses articulations réciproques.

Il est possible que, étant donné sa proposition du passage à une écriture algébrique de ces fonctions, Lacan considère qu’on pourrait interpreter comment ont passé à lettre les signifiants «homme» et ”femme” à toute époque et societé en fonction de comment trouvent une relation ces fonctions et comment ells mêmes soient interprétées.

Le concept de “sujet” de Lacan, dont la définition est: ce qu’un signifiant représente face à un autre signifiant, implique nécessairement qu’ il n’est pas un homme, il n’est pas un petit enfant, il n’est pas gay il n’est pas lesbienne, pas trans, pas bisexuel, pas neurotique, etc. Simplement “il n’est pas”. Il n’a pas ni d’être ni d’identité.

À chaque histoire particulière d’une personne, une famille, un peuple, etc., la valeur du “sujet” participe à des réseaux signifiants, à des chaînes de chaînes dans lesquelles il acquerra signifiés et sens multiples jamais garantisses ni à sa vérité ni à son endurance.

Cela dépend de l’éthique de chacun de nous, ces signifiés-là auxquels nous ferons face et nous refuserons avec une totale indignation et auxquels nous aiderons à s’épanouir en sachant que ni l’un ni l’autre est pleinement entre les mains de personne.

Il ne faut pas oublier qu’on doit affirmer le même fait par rapport aux signifiants : islamique, gitan, noir, juif, yanqui, réfugié, israélien, etc. Ces signifiants ne viennent pas ni d’une objectivité, ni du corps biologique ni d’une statistique acceptable, et c’est ainsi qu’ils ne possèdent ni une identité ni une consistance ontologique. Le signifié et le sens qu’ils reçoivent viendront de l’articulation.

“Psychanalyste” ne désigne pas non plus, en soi même, son signifié dépendra de chaque cas et de chaque contexte. Tous les psychanalystes ne sont pas du système patriarcal, machiste, et eurocentriste. De la même façon qu’il n’y a pas de linguistique ni de philosophie. Il n’y a pas non plus de physique.

Il n’existe pas de discours du psychanalyse ; affirmer cela possède le même effet épistémologique que le binarisme ou le racisme ou la xénophobie. C’est la responsabilité de chaque analyste et de la société d’analystes le type de psychanalyse qu’il prend, pratique et diffuse, et pour commencer à ce thème il faudra se décider s’il est “freudien” ou pas, paternaliste ou pas, biologiciste et individualiste ou pas.

Il est possible que Lacan n’aie pas atteint à refuser totalement l’héritage misogyne, machiste et patriarcal qu’on peut localiser à l’œuvre de Freud, voilà notre tâche présente et future. Si nous prenons la position qui s’établit en faveur de la différence.

Si nous le faisons, l’axiome devra être: premièrement le langage, le signifiant, l’Autre, le % (A majuscule barrée), etc., et après seulement après, les multiples formes que nos avons ou qui se croient (de créer) d’inscrire les corps et de souffrir ou profiter la jouissance et les positions et ressources curatives qui devront assumer ou refuser à propos de cela.

Buenos Aires, 17 décembre 2019

 

[1] https://drive.google.com/file/d/11FT53loQb3COE5QC-vKtmZtnI9djYjhi/view

[2] https://psicoanalisislacaniano.com/2019/12/01/preciado-psicoanalisis-maleval-20191201/